Le couloir.

Ce matin, après son petit déjeuner, sa toilette et un peu de rangement dans la cuisine, Basile traverse le couloir de la maison qu’il habite depuis plus de vingt ans maintenant. C’est un petit couloir; mais il y a huit portes. Il avance, et s’arrête.

Basile est arrêté. Il n’a plus d’élan. Son regard est fixe.

Sa femme travaille. Il n’a pas d’enfants. La maison est vide. Il n’y a que lui.

Cela dure quelques secondes, mais il repart.

Il va dans le jardin.

C’est un petit jardin. C’est l’été. Un pin, un arbousier, un abricotier servent de relief à une pelouse déjà desséchée par le soleil, le vent et le manque de pluie. C’est le mois de juillet. Le chant des cigales est dérangé par l’agitation irrégulière que le mistral propage dans les branches. Le ciel est très bleu.

Basile est assis sur une chaise en bois et en métal. Il porte un short en toile beige. Sa jambe est dénudée jusqu’au-dessus du genou. Un petit insecte dont il ignore le nom vient de se poser un peu au-dessus de sa cheville. Le tibia du mollet droit, sous la peau, est vertical. L’insecte noir et rouge mesure à peine un demi-centimètre. Son poids n’est pas sensible mais il chatouille Basile. Il progresse avec des mouvements un peu hésitants sur les petits poils qui le contrarient. Il s’arrête. Des élytres se soulèvent. Deux ailes noires se déplient, s’immobilisent. Quelques secondes passent. L’insecte reprend son ascension sans avoir tout à fait repliés ses ailes. Il arrive sur le genou de Basile. Il s’envole.

Un petit point noir s’éloigne. Il dessine dans l’air des courbes incompréhensibles et jolies avant de  disparaitre.

 

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