Pic de tension érotique chez Air France.

Le corps patronal s’est dénudé.

Chacun reste encore un peu ébahi de ce qu’il a vu… de la peau! La chemise de beau drap s’est entrouverte sur un téton dressé. Le noeud de cravate  s’est détendu, laissant apparaître la base du cou.

Avouons que ce n’est qu’avec difficulté que chacun arrive encore à réprimer le début d’une petite érection…

Cela ne peut toutefois suffire à expliquer ce qui s’est passé ce fameux lundi 05 octobre sur le « tarmac »  de l’entreprise Air France.

La tension érotique de ce moment médiatique est difficile à nier. Mais d’où vient-elle?

L’érotisme naît, c’est bien connu, de ce que l’on cache, bien plus que de ce que l’on montre.

Nous posons donc innocemment la question: les directions d’entreprise auraient-elles des choses à cacher?

Commençons par remarquer que l’on s’habille traditionnellement davantage en fonction de l’élévation de son grade dans l’entreprise: celui qui sert les cafés pourra le faire en t-shirt sans choquer personne mais la convention exige du groupe des dirigeants qu’il revête le costume. Même la chemisette en lieu et place de la chemise suffirait à rétrograder le plus compétent des directeurs de holding internationale au rang de petit représentant de commerce provincial.

Ajoutons qu’il n’est pas non plus de tradition chez les grands patrons de dire directement ce que l’on pense. D’ailleurs, penser doit rester du domaine privé, un peu comme se promener en caleçon: il y aurait indécence.

En public, on ne pense pas, on communique.

A-t-on déjà entendu un patron du CAC 40, par exemple, dire publiquement que son idéal serait de pouvoir payer ses employés français comme il paye ses employés chinois? La communication dira plutôt qu’il faut maintenir la compétitivité française à l’échelle des enjeux planétaire.

Le même patron affirmera-t-il haut et fort que payer des impôts lui semble intolérable quand il sait qu’il a les moyens de se payer des transports, des écoles, des hopitaux privés? Là encore, la communication préférera annoncer que la politique d’optimisation fiscale de l’entreprise est entièrement justifiée par le poids écrasant des charges patronales, que c’est donc une question de survie pour l’entreprise, et ses salariés…

De la même manière, on « réduira la voilure » pour dire qu’on licencie, on proposera « plus de flexibilité » pour dire qu’on veut déréguler le travail, on sera « libéral » pour dire qu’il est naturel que ce soit le plus riche qui gagne…

Bon, très bien: et alors?

Alors rassurons-nous: nous ne sommes pas des révolutionnaires ici. Il ne s’agit pas de dénoncer les méchants patrons contre les gentils ouvriers. Chaque milieu a ses hypocrisies sans doute.

Il ne s’agit pas non plus de lancer une nouvelle idéologie dont la radicalité serait d’exiger que chacun se présente nu à son prochain. L’adamisme existe déjà.

Non, rien de tout cela.

C’était peut-être simplement pour dire que tout cela est bien excitant.

      DESHABILLEZ-MOI. JULIETTE GRECO + LYRICS.

Plume-d'éléphant transparent

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