Nous nous accorderons par amour.

Ces derniers temps, avec la règle du masculin qui l’emporte sur le féminin, nous nous étions plus ou moins habitués à écrire:

1 Basile et Anastasia sont amoureux.

La règle du masculin qui l’emporte sur le féminin laisse croire que ce que l’on associe grammaticalement fusionne en une unité indistincte symbolisé par le masculin.

Si l’on applique, comme on l’entend réclamer ces derniers jours, la règle de l’accord de proximité, cela donnera:

2 Basile et Anastasia sont amoureuses.

Ceux dont la plasticité cérébrale résiste à l’entente du dernier énoncé (énoncé 2) pourront préférer retrouver le paisible lieu commun de leurs habitudes en formulant ainsi les choses:

3 Anastasia et Basile sont amoureux.

La règle de proximité offre donc à celui qui s’exprime le choix de ses opinions (énoncé 2 ou 3).

Ajoutons que cette règle, nouvelle aujourd’hui, mais ancienne quant à son existence, permet de distinguer qui de Basile ou d’Anastasia est le plus amoureux des deux. Or l’amour va, et vient, c’est une énergie qu’on n’arrête pas comme ça.

Notons par exemple:

4 Basile dit à Anastasia: nous sommes amoureuses.

L’énoncé 4 donne aux paroles de Basile le sens suivant: Je pense que toi, Anastasia, es la plus amoureuse de nous deux qui sommes amoureux. Le ton peut alors soudainement monter entre Anastasia et Basile si Anastasia répond ainsi:

5 Nous allons nous disputer.

Cet avertissement d’Anastasia mérite l’attention de Basile. Il s’en suit que le désaccord tombe n’ayant pas ici (énoncé 5) d’accord à accorder.

L’amour gagne encore une fois.

Vive la grammaire.

2 commentaires sur “Nous nous accorderons par amour.

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