Lettre ouverte à la belle au bois dormant.

Avertissement à nos jeunes lecteurs: Il semble qu’un esprit vulgaire et marxisant soit à l’oeuvre dans cet article. Il se peut donc que la mémoire de Walt Disney, paix à son âme, ne soit pas entièrement respectée.
Les administrateurs du site.

«Ne dis rien, la belle, pas la peine: je sais ce que tu penses; je l’entends d’ici.

T’es là à te la couler douce, de ton vivant, pareille que morte, et tu te racontes que la vie est belle, que ça pourrait durer comme ça pendant des plombes, une centaine d’années, pourquoi pas.

Tu t’imagines que tu planes, que t’es au-dessus, loin au-dessus, et que la petite vie des autres, maintenant, c’est plus pour toi, c’est loin en-dessous… T’as trouvé mieux.  Tu kiffes trop ta vie de rêve, princesse…

En fait, tu roupilles. Princesse de mes deux.

Et en même temps, j’arrive à comprendre: une partie de toi doit quand même se souvenir que la vie d’avant, c’était pas vraiment jouasse tous les jours, coincée entre une quenouille et des marmots qu’un connard de prince soi disant charmant aurait pas tardé à t’imposer. Fameux destin. Finalement, une bonne grosse sieste d’un siècle, après tout…

Bien sûr, t’aurais pu dire: « Non ». Faire le choix d’une vie dure, une vie de combat… pour dire ce que tu penses de l’abrutissement des femmes. Tu pourrais croire en ton pouvoir.

Tu m’écoutes, hein?

Ton pouvoir, c’est ta capacité à assumer ton opinion. Tu exprimes cette opinion et alors tu deviens puissante. Tu confortes l’ordre établi ou tu déranges l’ordre établi. Mais tu agis.

Arrête de ronfler, je t’explique.

Même les dictateurs savent que leur pouvoir n’est pas essentiellement militaire, brutal. Il leur faut d’abord et avant tout maîtriser l’opinion… tu sais, ce truc précieux que tu as en toi.

Seulement voilà, toi, tu préfères te spécialiser dans la léthargie de grand fond… En plus faudrait t’embrasser pour te réveiller? Ici, on a juste envie de te botter le cul.

Y sont nombreux les comme toi qui pensent que se battre, c’est un truc de nase pour teigneux mal peignés. Tous, comme toi, ils dorment sur leurs deux oreilles. Pendant ce temps, d’autres fabriquent des somnifères, les yeux grands ouverts. D’autres font le monde comme il est. D’autres encore se préparent à faire le monde comme il sera… Les gentils comme les méchants, tous sont au taf.

Mais toi tu dors.

Connasse.»

Plume-d'éléphant transparent

 

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