L’actualité violente expliquée à mon enfant.

La première chose, la plus fondamentale, c’est de dépassionner votre discours.

Ainsi, si votre enfant vous pose des questions, n’hésitez pas: mentez!

Une phrase du type: « Je ne vois pas de quoi tu parles. » peut très bien, dans l’urgence, suffire à calmer le jeu.

Tous les psychologues vous diront cependant que cela ne peut être qu’une solution provisoire. À moins que vous n’envisagiez, ensuite, la séquestration en placard hermétique, ce que nous ne recommandons pas, votre enfant reviendra sur le sujet.

Il faut lui répondre. Rien n’est tabou a priori mais votre réponse se doit d’être adaptée à l’âge de votre enfant.

Pour les plus vieux, il sera intéressant de suivre une technique américaine récente et néanmoins éprouvée: il s’agit d’aborder le sujet de manière transversale afin de mobiliser chez l’enfant des « capacités cognitives » diverses. « Le stimulus traumatique est ainsi dilué entre l’hémisphère droit et l’hémisphère gauche du cerveau, d’où il tombera assez vite vers les voies digestives, pour finir par être éliminé naturellement par les urines. » (extrait tiré de Mon enfant sera plus heureux que le vôtre! du professeur Ron Praphupada). C’est ainsi que la résolution d’un exercice comme celui indiqué ci-dessous pourra être très bénéfique à l’équilibre de votre adolescent:

« Soient 3 terroristes armés de kalachnikov et tirant sur une foule assise, soient 3 autres terroristes également armés et tirant sur une foule debout, soient enfin 3 autres terroristes armés de ceinture d’explosifs à déclenchement manuel et se promenant dans une rue déserte, combien de couronnes mortuaires les services des pompes funèbres parisiens doivent-ils prévoir pour satisfaire pleinement leurs clients? »

L’énoncé de cet exercice étant volontairement lacunaire, l’adolescent est ainsi invité à revoir les images des attentats, mais sans passion cette fois, avec même la rigueur du mathématicien scrupuleux, si possible.

Pour des enfants un peu plus jeunes, que la complexité du problème pourrait rebuter, il est sans doute préférable d’aborder le sujet sous l’angle de la conjugaison, par exemple, en profitant de l’occasion pour conjuguer des verbes souvent négligés, à tous les temps de l’indicatif, ou plus ludique encore, aux temps du subjonctif… Que je t’assissinasse, que tu t’explosasses, qu’il l’égorgeât, que nous le crucifixiciassions, que vous le décapitassiez, qu’ils revendiquassent… Ah! La beauté de la langue française! Ça, au moins, ils ne nous le prendrons jamais!

Enfin, pour les tous petits, le traditionnel coloriage peut s’avérer une arme de dédramatisation très efficace.

Munissez-vous:

  • d’une photographie en couleur des attentats,
  • d’une feuille de papier calque,
  • d’un marqueur noir,
  • de feutres à pointes fines.

Sur la feuille de papier calque préalablement superposée à la photographie en couleur, tracez avec précision les contours en noir pour faire apparaître les silhouettes des corps. Proposez ensuite le calque à votre enfant pour l’activité de coloriage (attention à ne pas oublier les feutres rouges!).

Ne négligez pas non plus le recours thérapeutique au bon vieux puzzle. La récente mode des ceintures d’explosifs sonne comme une invitation. N’en doutons pas: le pied des sapins ce noël sera couvert de boîte de puzzle humain et autres coffrets type « Petit kit du parfait médecin légiste », pour instruire l’enfant, tout en l’amusant.

Toutes ces activités gagneront encore en efficacité curative si vous les terminez en entonnant avec virilité la Marseillaise. Ça va de soi.

Plume-d'éléphant transparent

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