La vie, comme dans du beurre.

La Motte de Beurre.

Emballée encore, c’est une forme.

Pavé ou coupole, ses bords s’usent avant l’aigu.

Plus impavide qu’inerte, sa masse s’offre, aux désirs glissants.

Matière, grasse et docile, matière gracile, elle pose, sous le couteau qui s’approche.

Une main lui donnera son caractère, qu’elle emprunte, oeuvre éphémère, et modeste.

Torturée, triturée, salie, elle peut être mordue jusqu’au dur du sol qui la soutient, ce sol-même, frappé, griffé, par des dents agressives que rien n’arrête parce que rien ne résiste…

D’autres, plus doux, y caressent en creux de vagues songes érotiques, fleur des prés, poésie d’herbe verte, de colchiques et de boutons d’or.

Sa sculpture toujours recommence, vide et plein l’un en l’autre renversés: de notre âme endormie, le travail du matin.

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