La théorie des genres, d’après Maurice.

Moi, Maurice, 73 ans, 67 kilos pour 1 m. 78, j’ai une part féminine.

Ouais.

Et pourquoi pas?

Je m’suis fait à l’idée. J’le crie pas sur les toits, mais j’m’y suis fait.

Tout a commencé l’jour où je m’suis mis à chialer pour rien, pour un oui, pour un non, devant ma télévision. Plus moyen de regarder le spectacle de la misère humaine sans verser dans le pleurnichard!

La Ginette, elle a pas compris, d’abord… et puis elle s’est habituée à la longue. Elle m’achète des Kleenex quand elle va à son Intermarché.

J’dois dire que chacun finissait par accepter la situation quand un soir que j’buvais une bière devant le « 7 à 8 » en essuyant tranquillement mes larmes, rapport à c’qu’y avait justement un reportage vachement poignant sur des prostituées pas de chez nous qu’avaient pas bien l’air de rigoler tous les jours, voilà t-il pas ma Ginette qui m’arrive par derrière et m’en colle une à me décoller les oreilles en m’gueulant d’arrêter d’chougner comme une gonzesse… on s’est regardé sur le moment avec le même étonnement… tout de suite la Ginette s’est excusée, elle m’a dit qu’elle savait pas c’qu’il lui avait pris.

C’est là qu’on a compris que ma Ginette, elle avait aussi une part masculine.

Depuis c’t’histoire, avec ma Ginette, on s’sent vachement mieux… comme si kekchose m’avait poussé à l’intérieur… pareil pour ma Ginette sauf qu’elle, elle dit comme ça que, ben, pour elle, le kekchose de nouveau, c’est plutôt à l’extérieur qu’il a poussé… ça nous faire rire vachement tous les deux… Et puis, on est tout le temps en train de discuter de tout de rien et j’adore ça. J’me sens plus épanoui… c’est ma part féminine qui vous l’dit.

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