La page du Seigneur: libre parole à soeur Christine de l’Enfant-Jésus.

Avertissement: le texte suivant est présenté, malgré ses incohérences, au titre de témoignage dans le cadre d’une étude clinique des différentes déviances liées à la foi. Les notes sont de nous.

« Il semble que les éléphants m’aient choisie comme caution morale1 de poids pour ce blog. Pour le poids n’en doutons pas le choix est judicieux, pour la morale vous la tirerez vous même, cher lecteur. Quant à la caution, je laisse à d’autres la responsabilité de leurs écrits: j’aurai déjà fort à faire d’assumer les miens… mais nous allons ici déjà bien vite en besogne.
Il m’a semblé utile de mettre un peu de hauteur en rendant hommage dès à présent aux sommets de la pensée bien pensante en partant du postulat que Dieu2 existe sinon ce blog n’existerait pas.
Démontrons donc ici que si Dieu existe3 c’est un fervent anarchiste, le Bernard Hinault de l’anarchisme quand je n’aspire qu’à en être le Poulidor. Vous remarquerez dès à présent la hauteur de mes références, heureux présage de la hauteur de vue de cette chronique qui compte bien coiffer au poteau Robert Chapatte.
Alors si Dieu existe, il se cache, très bien d’ailleurs tant il laisse les catastrophes, les guerres et la misère nous tromper sur sa présence et son inénarrable bonté. Pourquoi une telle discrétion quand sa présence pourrait épargner quelques souffrances si un coup de baguette divine4 venait y mettre bon ordre? Parce qu’il nous a foutu dehors du jardin d’Eden me dites vous5. On voit que vous avez révisé votre catéchèse mais là ça ne tient pas… Un être si plein de mansuétude6 n’avait même pas mis à la porte le serpent, qui irait nous imaginer pire que cet horrible animal? J’en vois déjà qui à ce stade ont des doutes mais poursuivons.
On en déduira donc que nous en sommes sortis nous même, ce qui en soit est assez plausible. Qui irait passer sa vie d’immortel dans un jardin perché sur un nuage sans avoir l’envie de passer le portail, surtout si on nous met en garde contre le risque de franchir ce fameux portail. Nous avons donc quitté le jardin d’Eden tous nus, sûr d’en être plus intelligents (la pomme c’est plein de vitamines très bonnes pour le cerveau) et fiers de notre liberté.
Mais quel père aimant laisserait ainsi vaquer en pareil accoutrement ses enfants -on parlera ici plus probablement d’absence d’accoutrement- et affronter les périls d’une existence mortelle? Et bien un père anarchiste7! Au passage, vous remarquerez que notre géniteur commun8 se fait discret, passé trois générations, difficile de connaître l’histoire familiale. Alors, rien de plus facile que de faire planer rapidement le doute sur sa présence et laisser aux rejetons de ses rejetons une liberté de mouvement sans contrainte d’un Dieu qui remettrait les pendules à l’heure en cas de faux pas.
S’il existe9, il a la foi, Dieu, la foi en nous… autre trait profondément anarchiste car à moins d’être un doux abruti ou un adepte du chaos, l’anarchiste a plus que quiconque foi dans la capacité de l’individu à s’assumer et assumer ses actes sans que l’on ait besoin de lui coller des ficelles au bout des bras et des pieds et des coups de pieds au cul. Dieu a donc décidé de nous laisser une paix divine et une liberté de mouvement totale quitte à ce que l’on se prenne des ouragans dans la tronche, des verrues aux pieds ou des éclats d’obus dans la tête. Du coup, on en perd la foi en nous et on se raccroche à la première planche de salut qui traîne et aux premières ficelles que l’on veut bien nous attacher.
Mais c’est bien connu, un père anarchiste10, ça assume ses actes, pas ceux de ses descendants, et si la discipline anarchiste n’a pas bonne presse, il y a de quoi. Encore une preuve du divin, anarchiste.
Et du divin anarchiste à l’anarchisme divin, il n’y a qu’un pas qu’avec foi nous franchissons, quitte à vous laisser sur l’autre rive, en bonne anarchiste que nous sommes. »

Soeur Christine de l’Enfant Jésus

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