La liberté de s’exprimer est-elle un devoir?

« Je sais pas.
J’hésite.
Je voudrais bien… mais j’hésite.
Je pourrais prendre la parole, sortir de chez moi, aller dans la rue et regarder les gens bien en face, et leur dire, bien en face, aux gens.
Je sais pas, j’hésite.
Si ça s’trouve, i s’raient d’accord avec moi, les gens.
Bien en face!
Mais si ça s’trouve non plus, y en a des qui s’raient pas d’accord, en plus.
Je sais pas ce que j’dois faire. J’y vais? J’y vais pas?
J’ai des choses à dire.
Je crois.
Y a des chose qui me révoltent. Des choses insupportables.
Je pourrais même m’engager, faire de la politique, me battre pour mes idées.
J’essaierai de toutes mes forces d’améliorer la vie des gens, de les aider à être heureux, comme je peux.
Mais je sais pas. Est-ce qu’i faut qu’j’y aille?
Y a quand même des choses qui me révoltent, des choses qui doivent changer, des choses intolérables…« 

C’est peut-être ainsi qu’Isabel Durand-Martin réfléchissait en son for intérieur quelques temps avant de se décider à se présenter aux élections municipales de Milhaud. Elle a sauté le pas, comme on dit, et aujourd’hui, même si elle n’a pas gagné, elle peut courageusement défendre ses opinions depuis les bancs de l’opposition. C’est ainsi qu’elle a eu la fierté (exprimée ici) de faire entendre sa voix (malheureusement sans succès) pour tenter d’empêcher qu’on attribue un carré du cimetière communal de Milhaud à des morts de confession musulmane.
Bravo Zaza! T’aurais eu tort d’hésiter plus longuement.
Vive la liberté d’expression. Vive l’engagement citoyen. Vive la France.

Plume d'éléphant 2

3 commentaires sur “La liberté de s’exprimer est-elle un devoir?

  1. Petit poème de Kémar :
    ça sent la poudre, l’infâme qui résonne
    KO debout je ne sens plus rien
    Oh pauvre Marianne orpheline
    Y’a pas que Charlie qu’on assassine
    A coup de provoc ils se battent au front
    Du rire aux larmes à coups de crayons
    Des cartouches d’encre contre les munitions
    La plume est trop légère face au plomb
    Ecrason l’infâme
    Plutôt mourir debout
    Que vivre à genoux
    Face à eux faut faire front
    Charlie parle-moi encore
    Face à eux faut faire front
    Vas-y parle-moi encore
    Nous n’avons pas peur de ce que nous sommes
    Fiers d’être infidèles comme des chiens
    Ni Dieu ni Maître, jamais en cage
    Après le deuil vient la rage
    Alors écrasons l’infâme
    Plutôt mourir debout
    Que de vivre à genoux
    Face à eux faut faire front
    Charlie parle-moi
    Face à eux faut faire front
    Vas-y parle-moi encore
    Ils vous ont accusés de l’avoir cherché un peu
    D’être irresponsables, de faire leu jeu
    Voilà les faux amis, les soutiens de salon
    Les « Je suis Charlie, mais », ceux de l’accusation
    Citoyens faut faire face
    Face à eux faut faire front
    Charlie parle-moi encore
    Face à eux faut faire front
    Vas-y parle-moi encore

  2. Quand on n’est pas doué pour la poésie on laisse faire les artistes…
    Merci Jean-Jacques

    Y aura des jardins, de l’amour et du pain
    Des chansons, du vin, on manquera de rien
    Y aura du soleil sur nos fronts
    Et du bonheur plein nos maisons
    C’est une nouvelles ère, révolutionnaire

    On aura du temps pour rire et s’aimer
    Plus aucun enfant n’ira travailler
    Y aura des écoles pour tout le monde
    Que des premières classes, plus de secondes
    C’est la fin de l’histoire, le rouge après le noir

    On aura nos dimanches
    On ira voir la mer
    Et nos frères de silence

    Et la paix sur la terre
    Mais si la guerre éclate
    Sur nos idées trop belles
    Autant crever pour elles
    Que ramper sans combattre

    Y aura des jardins, de l’amour et du pain
    On se donnera la main tous les moins que rien
    Y aura du soleil sur nos fronts
    Et du bonheur plein nos maisons
    C’est une nouvelle ère, révolutionnaire

    Un monde nouveau, tu comprends
    Rien ne sera plus jamais comme avant
    C’est la fin de l’histoire, le rouge après le noir .

    1. Cher monsieur Le Doigt,
      nous avons besoin de vrais amateurs de poésie comme vous.
      La poésie de Kémar, je vous l’accorde, ne vaut pas tripette et nous vous sommes reconnaissants de nous aider à maintenir ce site à un niveau de qualité exigeant.
      C’est ainsi que je complète votre propos avec cet excellent poème d’Andrée (dont la descendance, Louis d’abord et Matthieu ensuite, cherche obstinément à voler la vedette):

      J’ai ancré l’espérance
      Aux racines de la vie
      *
      Face aux ténèbres
      J’ai dressé des clartés
      Planté des flambeaux
      A la lisière des nuits
      *
      Des clartés qui persistent
      Des flambeaux qui se glissent
      Entre ombres et barbaries
      *
      Des clartés qui renaissent
      Des flambeaux qui se dressent
      Sans jamais dépérir
      *
      J’enracine l’espérance
      Dans le terreau du cœur
      J’adopte toute l’espérance
      En son esprit frondeur.

      Bien cordialement!
      (En plus, il y a moins de mots, ce qui joue en faveur d’Andrée, dans la perspective d’un rapport qualité-prix).

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