Espèce de micro-tubule.

Ah, la science!

Ah, la foi!

Quelle  merveille que la science!

Quelle merveille que la croyance.

Certains croient en l’arithmétique pendant que d’autres étudient les textes sacrés.

Chaque jour qui passe nous apporte son lot de découvertes toutes plus extraordinaires les unes que les autres: sainte Lucie guérit un aveugle par la simple force de son coeur et Claude Beck relance pour la première fois un coeur arrêté par défibrilation.

La religion fait des miracles et la science fait des progrès.

Au milieu de toute cette effervescence, nous hésitons nous-mêmes à nous définir comme des êtres de boue animés par le divin souffle ou comme un composé chimique à dominante d’eau, de carbone et d’azote.

Le 08 juillet 2015, le pape François reçoit la Grand-croix de l’Ordre du Condor des Andes et, le 23 septembre de la même année, Eric Karsenti reçoit la médaille d’or du C.N.R.S..

Le pape François porte une cape blanche tel un super héros des temps modernes.

Éric Karsenti porte une barbe blanche comme un vieux baba des années 60.

Les deux hommes sont admirables!

L’un d’entre eux vient de découvrir l’existence de petits tubes fort sympathiques qui forment le « squelette » des cellules  à la base des mécanismes de division et de mutation chez les organismes vivants.

L’autre, cependant, vient d’admettre que la théorie de l’évolution darwinienne était plus crédible sans doute que la théorie créationniste.

Quels progrès!

Ainsi le centriole, par exemple, correspond, nous dit Eric, à une disposition typique de micro-tubules communément à l’oeuvre dans la construction du flagelle des spermatozoïdes, mais aussi de l’axone neuronal ou encore de la fougère…

Ainsi la genèse ne doit-elle plus être lue, nous dit François, comme le récit d’un magicien qui aurait fait apparaître le monde d’un coup de baguette magique.

La grande diversité de forme du vivant, du condilure à nez étoilé  au chlamidophore tronqué, en passant bien sûr par les corps du pape François et d’Eric Karsenti, se comprend par le détail d’une mécanique de précision tout droit sorti de la boite d’un jeu de construction à l’échelle cosmique.

Nous voilà réconciliés avec nous-mêmes. Les églises peuvent accueillir le savoir scientifique. Les scientifiques peuvent prier dieu de leur venir en aide.

Dieu est le grand horloger du monde et la science est un exercice d’admiration de son oeuvre.

Quel espoir fou! Bientôt François et Eric avanceront, main dans la main, comme deux mariés virginaux, le long de la travée centrale d’une cathédrale nouvelle, et passeront derrière l’autel pour se livrer ensemble, chaque dimanche, à de nouvelles expériences, criant à intervalles réguliers « Euréka! », confirmant « Amen! », sous le regard attendri d’une foule fraternelle.

Finalement, il ne manque plus rien à notre bonheur. À part une preuve de l’existence de dieu peut-être…

Plume-d'éléphant transparent

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