Débat de société: faut-il un bon dictateur en France?

Nous, français farouches et fiers, avons-nous besoin d’un bon vieux dictateur, comme on dit des adolescents amollis par les hormones et la drogue qu’ils auraient besoin d’une bonne guerre?

Pas de tabou a priori chez les éléphants d’Icare: on aborde le sujet tranquillement…

Un peu d’ethnolinguistique comparée tout d’abord, histoire de ne pas confondre les tentatives barbares de nos voisins européens les plus proches avec le fleuron de civilisation humaniste qui fait l’honneur, en même temps que la tour Eiffel, le tailleur Chanel et le saucisson pur porc, de notre doux pays.

Ainsi le mot « Führer » est-il un mot énervé à nos oreilles francophones et malines qui y décèlent immédiatement le mot « fureur »… nous savons déjà que ce n’est pas nous, lecteurs de Molière, que le méchant Adolphe aurait pu berner du haut de ses aboiements de roquet complexé.

Plus sournois peut-être, l’italien « duce » pourrait nous tromper par sa douceur caline, nous enjoler par son contenu sonore, véritable chant des sirènes projetant sur notre hémisphère droit le spectre des fontaines romaines, le soyeux des étoffes milanaises et le parfum des pizzas quattro formaggi napolitaines…

Rien pourtant ne peut faire oublier à nos coeurs de patriotes aguerris, qu’un « Führer » ou un « duce » n’est pas un « dictateur » au sens hexagonal du terme! Pendant que le mot français renvoie au verbe dire et donc à celui qui, en bon maître d’école, dicte, le mot allemand comme le mot italien renvoient au verbe conduire, métaphore affligeante et hybride mariant de façon saugrenue le conducteur de bus et le guide spirituel new-age… ça n’a l’air de rien mais c’est là toute la différence entre une nation qui, quelles que soient les circonstances, restera civilisée et des peuples animaux et barbares toujours prêts à revendre leur humanité pour une brouette de billets de banque dévalorisés ou pour aller jouer à l’empereur d’opérette en Ethiopie…

Bref: la France, ce petit pays qui fait la grandeur du monde, doit-elle aujourd’hui se doter d’un gentil dictateur?

Nous entendons déjà les cris effarouchés des gauchistes hirsutes miaulant mollement entre deux cigarettes décadentes une désapprobation de principe: « Que devient notre capacité à nous autodéterminer en tant qu’individu si quelqu’un se met à dicter ce que nous devons penser? ».

Ce à quoi nous répondons tout de go: « Un gentil dictateur n’a rien contre les individus: au contraire, il veut les aider à devenir meilleurs. »

« Et si moi, je veux pas devenir meilleur? » remiaule le trotskiste post soixante-huitard dans son pyjama en chanvre naturel…

Haha! Cette réponse aussi naïve que spontanée est la preuve que l’ennemi du gentil dictateur est un égocentrique immature et sans ambition. Ne lui répondons pas, il ne comprendrait pas la beauté du projet toujours collectif qu’apporte avec lui le dictateur.

Alors bien sûr, l’histoire a montré qu’il y avait de bons et de mauvais dictateurs… certes. Mais bon, le mauvais dictateur, il dicte, bon, comme le bon dictateur, bon, d’accord, mais c’est un mauvais dictateur!

Faudrait pas tout confondre!

1 commentaire sur “Débat de société: faut-il un bon dictateur en France?

  1. Je trouve le débat intéressant, peut-être un peu biaisé idéologiquement, mais il est toujours utile que chacun exprime son opinion. Ainsi, comme le dit l’ami Spinoza, « Nul ne commande aux langues. », c’est-à-dire que le pouvoir absolu n’est jamais qu’un fantasme fort heureusement inatteignable ou atteignable seulement par la menace de mort. Il reste que moins l’individu s’est construit, plus il sera demandeur de cadres extérieurs à lui, trouvant par là le moyen de ne pas devenir fou. L’état, quelque soit sa forme, est toujours une réponse à la névrose dominante de ses citoyens du moment.

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