Crash-test: le nazisme peut-il être gentil?

Peut-on penser à contre-sens?

Aujourd’hui, j’ai envie de prendre une autoroute, dans le mauvais sens… J’ai l’intuition que ça peut me mener quelque part.

D’abord, j’ai cherché une pensée à sens unique et, parmi d’autres, je me suis arrêté à celle-ci: le nazisme est une idéologie méchante.

Ensuite, je me suis dit: « Prenons cette pensée à contre-sens! Résolument! ». Ainsi me voilà ici en train de me demander si il n’y aurait pas quelque chose d’un peu gentil dans le méchant nazisme…

Je ne collectionne pas les uniformes allemands de la 2nde guerre mondiale, je n’ai pas les cheveux radicalement courts et je n’ai aucune fascination pour les petites moustaches… Bref, jusque-là, je suis et je reste ce qu’on peut appeler un humaniste mou, la norme donc.

Et pourtant je me repose la question: le nazisme peut-il être gentil? Une autre question me traverse alors l’esprit: et si ce que nous considérons à juste titre comme le camp ennemi, le nazisme par exemple, obtenait ce statut d’ennemi davantage pour ses qualités, jalousées, que pour ses défauts, avérés?

Si même nous reconnaissions notre ambiguïté relationnelle avec l’ennemi, cela ne le ferait-il pas disparaître? Un ennemi est toujours un peu un fantasme, n’est-ce pas? La trop belle femme pour celle qui ne l’est pas assez, le collaborateur trop efficace pour celui qui a peur de ne pouvoir l’être assez, ou encore l’Allemagne nazi si puissante qu’elle parvient à asservir l’Europe, fantasme pour des états qui avaient perdu alors le sens même de l’action politique…

C’est ainsi qu’avoir eu un ennemi de cette valeur a permis à l’Europe, la victoire remportée, de retrouver un dynamisme inespéré. Il est difficile de nier que ce dynamisme doit beaucoup à la fierté d’avoir vaincu un si grand ennemi: sa valeur est désormais la nôtre puisque nous avons été plus forts!

Sur cette autoroute prise à contre-sens, j’en serai donc arrivé à présent à la conclusion qu’il faut remercier le nazisme d’avoir exister car il nous a unis, rassemblés et construits…

Et pourtant les chambres à gaz ne sont définitivement pas un détail de l’histoire…

Alors que faire? Que faire pour que les choses ne se reproduisent pas indéfiniment, pour que les démocraties, à bout de souffle, ne se retrouvent pas à nouveau fascinées par le premier fou furieux qui passe?

Si je reste logique, le pied sur l’accélérateur sur cette autoroute à contre-sens, je me dis qu’il faut aimer ses ennemis en imitant leurs qualités sans en prendre les défauts…

Et aujourd’hui? Qu’a à nous dire le nouvel ennemi, le terrorisme islamique? Ne doit-on pas lui reconnaître une forme d’héroïsme, une capacité à mettre certaines valeurs au dessus de tout au mépris de toute considération matérielle ou égoïste? Ne sommes-nous pas justement une société en manque d’héroïsme?

Le 07 janvier 2015, des dessinateurs sont morts à Paris et les français en ont fait leurs héros de la liberté d’expression: nous avons eu alors l’impression de retrouver une qualité que nous avions perdue et qui pourtant était indispensable à notre identité; nous avons eu l’impression de « nous » retrouver. C’est l’ennemi, là encore, qui nous a aidé à devenir ce que nous voulions secrètement être: des héros de la liberté d’expression, des humanistes radicaux, des terroristes de la fraternité… Cette guerre moderne, aussi difficile à saisir qu’elle puisse paraître, contient, elle aussi, la promesse d’un travail sur nous-mêmes.

Je suis sur une autoroute, à contre-sens, et je rêve: les gens en face de moi font tous demi-tour. Le contre-sens se transforme alors en bon sens: l’armistice est signé.

Plume d'éléphant 2

2 commentaires sur “Crash-test: le nazisme peut-il être gentil?

  1. Cher Ploum, sans vraiment vous connaître, et en tenant compte de la part d’ombre que l’on porte tous en nous, je me pose néanmoins quelques questions en vous lisant ? – êtes vous national-socialiste ? – avez vous des sympathies national-socialiste ? – vos parents étaient-t-ils national-socialistes ? – avaient- ils des sympathies national-socialiste ? – Avez vous l’habitude du contre sens ? – Es-ce pour vous une démarche introspective ? – Cherchez-vous une identité idéologique ?
    En résumé, qui est-vous Ploum, un aigle, un coq, un coucou, … ?

    1. Chère Francesca.
      Je suis celui que vous imaginerez… aigle, coq ou coucou selon votre désir.
      Peut-être pouvons-nous nous tutoyer?
      Votre dévoué Ploum.

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