Tentative d’humour équitable: un sketch de Jean-Marie Bigard réécrit…

Le sketch de la femme indienne enragée.

« J’ai entendu à la radio c’matin : « On a une chance sur dix millions de se faire mordre par une femme indienne enragée ».
Faut quand même savoir qu’il y a un gars, qui s’est sûrement cassé le cul pendant des mois et des mois (avec du matériel et tout !) pour arriver à la conclusion suivante : « On a une chance sur dix millions de se faire mordre par une femme indienne enragée ».
Alors moi, j’suis pas curieux, mais j’aurai quand même bien voulu savoir comment il a fait, le gars, pour déterminer qu’on avait TOUS – en moyenne – une chance sur dix millions de se faire mordre.
Ben oui, parce que bon… Admettons qu’le gars soit très copain avec une bande de femmes indiennes enragées. Il les connaît depuis longtemps, il les a déjà dépannées quand elles étaient dans la merde et tout…
Mon vieux ! Elles lui doivent tout, elles lui cachent rien, ils ont un degré d’intimité ensemble, mais bon…
Moi j’dis qu’c’est un peu facile de foutre les jetons à tout l’monde, avec, finalement, la SEULE chance qu’on a de s’faire mordre, en occultant volontairement – excusez moi du peu – les 9 millions 999 mille 999 autres chances qu’on a de PAS se faire mordre.
Donc, de pas mourir dans d’atroces souffrances…
Ben oui, parce que bon, moi, j’vois, j’habite dans le dixième.
Bon, déjà, le dixième, c’est un quartier qui, question femme indienne, est assez tranquille, il faut le reconnaître… Si, si, si, c’est tranquille.
En plus, j’habite au cinquième sans ascenseur, j’vais t’dire, j’ai un code à la porte en bas et un interphone. Ha, ha !
Alors, j’vais t’dire, la femme indienne, elle peut toujours se pointer, tu vois ! Déjà, avant d’arriver devant chez moi, il a fallu, avant même la naissance, qu’elle échappe aux avortements de fille,et après la naissance, que sa famille n’ait pas l’idée de lui verser de l’opium dans la bouche pour l’endormir définitivement…
Bon, mais admettons, admettons.
Arrive une femme indienne. Enragée.
Elle est là, tu vois, elle bave, elle est enragée. Elle a vécu une enfance dépressive, s’est fait battre tous les jours de sa vie, a été privée de nourriture… Pas grave, elle s’est pas laissé abattre. Elle est là : « Argglbrrll… »
Bon… Hop !!! Elle s’fout à trifouiller mon code. Elle est là, elle trifouille. Elle cherche, elle cherche.
Si, si, Monsieur, quand elles sont enragées, elles cherchent quand même !
Elle est là, elle cherche, elle cherche…
Pan !!! Elle tombe sur mon code !
Elle a  échappé aux trafiquants qui voulaient la revendre, à sa belle-famille qui voulait la brûler vive dans sa cuisine parce que la dote n’était pas suffisante et personne n’a eu l’idée de l’attaquer pour la violer et la pendre à un arbre… admettons. Faut encore qu’elle imite la voix d’un gars que j’connais !!!
Sinon, j’ouvre pas, moi !
Bon… J’étais un peu bourré la veille, j’ai pas bien dormi, c’est pas la question. J’ouvre !
Faut encore que le concierge la prenne pas pour une Rom, sans ça, elle passera pas, j’le connais mon concierge…
Bon, mais, admettons, admettons, elle pousse la porte.
Ben, vous allez quand même pas m’dire qu’elle va monter les cinq étages à pied, comme ça (grimace de la femme indienne enragée), sans se faire repérer par quelqu’un, NON ???
J’y crois pas, j’y crois pas ! Honnêtement, j’y crois pas…
D’tes façons, j’ai fait mettre un judas, moi, à ma porte. Alors…
… …
Bon ! Elle arrive sur le pallier…
Qu’est ce qui prouve qu’elle va venir frapper à MA porte ?
Y’a quatre appartements sur le pallier…
… …
Bon ! Elle frappe à ma porte.
Ben j’ai pas d’pot jusqu’à maintenant, hein ,?
Parce que là, manifestement, c’est moi qu’elle veut mordre, je fais même pas parti du groupe d’hommes qui l’a battue, violée et torturée dans un bus en plein centre-ville de Daily le mois dernier, mais c’est pas grave, elle m’a choisi dans l’immeuble, elle veut plus mordre personne d’autre : c’est moi !!!
Bon ! J’vais jusqu’au bout : J’ouvre !
Qu’est ce qui prouve qu’elle va me sauter tout de suite à la gorge ???
Dis donc ?! Elle s’rait pas un p’tit peu fatiguée cette femme indienne, depuis tout c’qu’elle a fait dans sa vie ?
Elle a p’t être soif ? Bon, ben, moi, j’l’installe dans la banquette. Je fais mine d’aller y chercher un verre d’eau dans la cuisine.
Qu’est ce qui m’empêche de revenir avec un FUSIL ?!!!
Ben, alors ! Parcequ’elle se méfie pas… C’est quand même qu’une femme indienne de basse caste !!!
Alors ? J’y tire dessus, même si j’la loupe, eh ben, elle a peur, et puis elle s’enfuit.

Alors… Quand j’pense à L’AUTRE CON, là, qui fout les j’tons à tout l’monde, avec ses femmes indiennes…
En plus, il est dangereux c’mec là, hein ?
Imagine : j’ai un copain qui arrive à la maison, déguisé en femme indienne, pour me faire rigoler. Eh ben, J’Y TIRE DESSUS !!! Parfaitement !!!
J’ai des copains, qui viennent chez moi, à la maison, déguisés en femme indienne… Pour me faire rigoler.

Alors, hé, qu’il arrête, L’AUTRE LA, avec ses femmes indiennes, hein…

J’ai PEUR de la radio !!! »


 

Plume d'éléphant 2

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